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Les responsables de l'éducation s'efforcent de réduire les incertitudes que représente le marché du travail en Tunisie, mais les jeunes diplômés ont encore des difficultés à trouver un emploi.

Les diplômés de l'université en Tunisie sont prêts pour les exigences de leur formation, mais doivent faire face à de gros problèmes pour trouver un travail dans leur secteur.

"La plupart des diplômés du supérieur sont encore au chômage ou ont commencé à travailler dans des domaines qui n'ont rien à voir avec leurs études", explique Hayet Et Beji, diplômée de l'Institut tunisien pour la conservation du patrimoine. "Ce qui a poussé le ministère de l'Enseignement supérieur à abandonner cette discipline, c'est qu'il n'y a aucun moyen d'intégrer ses diplômés sur le marché du travail."

Comme de nombreux autres étudiants, Et Beji a terminé ses études pour découvrir un marché du travail ravagé par la crise économique mondiale. La concurrence pour les emplois est si dure, explique-t-elle, que les candidats aux emplois de conservation du patrimoine doivent affronter la concurrence des diplômés issus d'autres formations.

"Outre les offres d'emploi très limitées dans le secteur de la conservation du patrimoine, le problème est que le ministère de la Culture n'embauche aucun diplômé, et que les étudiants sont en concurrence avec les diplômés en histoire", ajoute-t-elle. "De plus, la nomination de spécialistes en patrimoine est habituellement ouverte à de nombreuses autres disciplines, ce qui limite les possibilités pour les diplômés originaires de cette discipline."

Les spécialistes de la conservation du patrimoine éprouvent des difficultés propres, explique-t-elle, parce que "les initiatives privées dans le domaine de la conservation du patrimoine sont dès le départ vouées à l'échec, parce que les musées privés n'ont pas beaucoup de moyens".

Peu de choix s'offrent aux étudiants de Tunis. Ils déposent des demandes auprès du ministère de l'Education, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique après avoir passé le baccalauréat, et indiquent dix domaines dans lesquels ils souhaiteraient travailler. Mais en fin de compte, c'est le ministère qui décide dans quel secteur ils seront placés en fonction de leurs notes.

Les quelque 759 disciplines universitaires disponibles en Tunisie placent en priorité les disciplines à fort taux d'embauche. Mais même ces disciplines manquent de postes adaptés aux diplômés de l'université.

"Je n'ai trouvé aucun travail dans ma discipline, même pour une simple formation", a expliqué Rim Echabi, spécialiste en ingénierie et en design, qui a obtenu son diplôme en 2005. "Je l'ignorais et, comme la plupart des jeunes, je suis allée [travailler] dans les centres d'appels."

"La plupart des usines en Tunisie, comme les usines d'ameublement, par exemple, n'embauchent pas d'ingénieurs pour concevoir des modèles innovants ; elles préfèrent se contenter de modèles vus sur lnternet et de les imiter", explique-t-elle. "Et en Tunisie, nous ne disposons d'aucune usine qui conçoive ses propres produits. En général, elles importent tout, y compris les idées, puis les réutilisent sans penser à créer de nouveaux designs ni à trouver des spécialistes."

Le ministère a pris plusieurs mesures pour aider les étudiants à assurer leur passage de l'université au marché de l'emploi. Il a mis en place un centre national d'orientation des étudiants pour les nouveaux bacheliers en 2010 et leurs parents. Ce centre, qui répond aux questions sur l'orientation universitaire, fonctionnera du 15 juillet au 15 août au siège de la Cité des sciences de Tunis.

Le ministère a également organisé des manifestations pour renseigner les nouveaux étudiants sur le marché du travail, les instituts d'enseignement supérieur, les caractéristiques des divisions universitaires et le contenu de leurs programmes, de leurs compétences et des services universitaires.

Des représentants des universités, des instituts d'enseignement supérieur, des bureaux des services universitaires, du ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, des sections parallèles d'enseignement supérieur, des instituts d'enseignement supérieur privé et des guides dans les secteurs des médias, de l'orientation et du conseil ont tous participé à ces manifestations.

Azer Al Okbi, l'un de ces jeunes diplômés de l'université, reste sceptique quant à ces initiatives.

"Malgré les efforts déployés et continus pour élargir les champs des disciplines scientifiques pour offrir plus de possibilités d'emploi aux diplômés de l'université et assurer le cadre nécessaire dans différentes disciplines, alors que la Tunisie connaît de nombreux changements au niveau des grands projets, nous nous interrogeons sur l'avenir de certains diplômés, notamment dans les disciplines récemment créées, et sur le devenir de ceux qui n'ont pu obtenir d'emploi dans leurs disciplines scientifiques", a expliqué Okbi.

Housa Trabelsi (Magharebia)

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