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Les troubles s'amplifient en Tunisie. Après avoir reconnu dans un communiqué, dimanche 9 janvier, la mort de huit civils tués par balles lors d'affrontements avec la police, cinq dans la ville de Thala et trois autres dans la ville de Kessarine, le gouvernement a évalué à quatorze le nombre de victimes en fin de journée.


En début de soirée, Le Monde a de son côté identifié vingt-trois victimes tuées par balles, dont il a recueilli les noms, dans les villes de Kessarine, Thala et Regueb.

L'opposition, qui s'est réunie en urgence à Tunis, avait avancé dans la journée le chiffre de vingt morts. "Nous marchons vers l'inconnu", déclare au Monde l'ancien candidat à l'élection présidentielle Ahmed Brahim, premier secrétaire d'Ettadjdid, un parti post-communiste qui compte deux députés au parlement. "Il faut que le pouvoir se ressaisisse et retire les forces des villes qu'elles encerclent".

Ces "affrontements se poursuivaient ce matin même [dimanche]", a précisé Ahmed Nejib Chebbi, chef du Parti démocratique progressiste (PDP), sans représentant parlementaire. Plusieurs témoignages ont affirmé que l'armée avait pris position autour de plusieurs bâtiments administratifs et bancaires, notamment à Thala, dans l'ouest du pays, près de Kasserine.


Pour l'heure, Le Monde a pu recueillir l'identité de vingt-trois personnes tuées par balles à Thala, Ragueb et Kessarine. Mais le bilan pourrait s'alourdir. "J'ai pu visiter l'hôpital de Kasserine, j'ai vu beaucoup de blessés, et aussi des morts, mais je suis incapable de donner le nombre", déclare Chabari Mezi, un instituteur syndicaliste, bouleversé, joint par téléphone dimanche après-midi.

Selon des témoignages sur place, les quatre autres personnes été tuées à Regueb sont une femme de 26 ans, Manel Bouallagui, et trois hommes : Raouf Kaboussi, 33 ans, Mohamed Jabbeli, 22 ans, et Nizar Slimi.

Un peu plus tôt dimanche dans la matinée, le gouvernement tunisien avait fini par sortir de son silence en annonçant la mort de deux civils tués par balles. "La police a ouvert le feu en état de légitime défense après avoir procédé à des tirs de sommation pour empêcher des manifestants de s'en prendre à des bâtiments gouvernementaux", a indiqué le ministère de l'intérieur dans un communiqué cité par l'agence Tunis Afrique Presse (TAP). Les autorités tunisiennes avaient aussi évoqué huit blessés parmi les forces de sécurité, dont trois graves.

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