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Présenté au dernier festival de Berlin et grand prix du festival d'Angers, le film est l'histoire d'un Parisien qui se réveille dans la peau d'un Arabe. Nous avons eu cet entretien avec Mehdi Ben Attia.

Entretien avec le réalisateur de «je ne suis pas mort» - «Un film sur la folie identitaire»


Après Le fil, vous faites de nouveau l'actualité avec le film Je ne suis pas mort

C'est un film que j'ai tourné à Paris. C'est mon deuxième long métrage et c'est un film que j'ai porté à bras-le-corps pendant plusieurs années et j'ai eu un très grand plaisir de le faire, même s'il y avait de très fortes contrariétés du côté financier. Le film sort actuellement un peu partout dans le monde et je lance un appel pour qu'il sorte en Tunisie.

Le film raconte l'histoire d'un Parisien qui se réveille un jour dans la peau d'un Arabe. C'est du cinéma fantastique que vous avez, pourtant, tourné avec des techniques de fiction ordinaire.
Oui, c'est un postulat de cinéma fantastique ou de cinéma identitaire selon qu'on décide de croire le personnage ou pas. Mais l'idée de départ était l'histoire d'un type qui se réveille dans la peau d'un Arabe en France et, puis, je me suis rendu compte que c'était plutôt l'histoire d'un Arabe qui n'est pas lui-même et qui raconte à son entourage qu'il n'était pas «Yassine», qu'il n'était pas Arabe et qu'il voudrait sortir de ce cauchemar... A mon avis, il faut entreprendre le film plus comme un film politique que comme un film fantastique, même s'il se raconte avec la manière fantastique.

C'est donc une réflexion sur l'identité arabe ?

C'est un drame de l'identité. C'est un film sur la folie identitaire française. En France, il y a une sorte d'injonction de se dire Français. Du coup, les gens veulent que vous soyez absolument Français et meilleur Français que les autres Français. Il y a une espèce de folie dont les Arabes peuvent se sentir parfois les otages. Le personnage qui s'appelle «Yassine» n'est pas victime du racisme, mais on lui renvoie en permanence le fait qu'il n'est pas un assez bon Français à travers de petits détails subtils. Ces petites remarques vont le rendre fou.

Il y a un mélange de techniques dans le film qui commence par une caméra portée et finit par des plans fixes.

Je voulais faire un film où il n'y a pas les codes du cinéma fantastique. Je voulais faire un film auquel on croit. Je voulais faire entrer le spectateur dans un film naturaliste, avec un sujet social autour d'un jeune Maghrébin qui conduit un scooter pour gagner sa vie. Et puis, le tapis se dérobe sous ses pieds et sous ceux du spectateur L'acteur Mehdi Dhahbi est une vraie découverte dans ce rôle. C'est un acteur d'origine tunisienne qui a fait le conservatoire de Paris, Londres et de Bruxelles.

Effectivement, le film lui doit beaucoup. Il s'est investi énormément dans le film. Au début du casting, dès que j'ai vu son visage sur les photos, j'ai su que ce serait lui ! Mais après, on est passé à des séances de travail qui nous ont conduit jusque-là. C'est un garçon qui a une très grande intériorité. C'est un mot technique pour dire intelligence et c'est une intelligence qu'il a su mettre au service du rôle. C'est un grand comédien d'origine tunisienne qui ira très loin.


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